mardi 30 septembre 2014

La conference de la discorde. Partie 3: Le mercato appliqué par analyse comparative de deux incorporations, les cas de Doria et Fanni



Non seulement Bielsa ne s'est pas contenté de dire ce qui n'allait pas dans la manière dont avait été gérée la période du mercato, mais il a, en plus, gracieusement donné des recommandations claires sur comment il concevait un procédé de qualité. En colère, mais visiblement pas rancunier tant il a conscience des efforts fournis par Labrune, mais également par le fait que sur tous les autres points convenus il avait obtenu entière satisfaction, on sent que ce qu'il veut réellement c'est que cette partie là soit gérée dorénavant au même niveau d'exigence. Cette volonté nécessite de nous prendre à témoin.

La plus grosse tirade de sa conférence, c'est quand on lui pose la question sur Doria. Il marque une hésitation, visiblement gêné. On arrive au cœur de toutes les problématiques que posent les procédés de la direction. Il dit que tout était flou et mal résolu. Il rappelle qu'il n'était pas au courant pour le départ de Mendes comme pour l'arrivée de Doria. Il dit qu'aucun joueur n'est venu de son initiative et sur les 12 joueurs qu'il a validé aucun n'est venu.

Puis il embraye sur le cas Fanni

Règle numéro 1: Un bon recrutement c'est un recrutement dont le besoin est exprimé et la démarche de recrutement anticipée

Ainsi, il rappelle que les options en fin de mercato étaient ciblées sur 2 postes. A raison ou à tort on ne cherchait plus de défenseur gauche même après le départ de Mendès. Soit il comptait sur les joueurs présents, soit, et il le dit, sur la possibilité de recruté aussi en hiver.  En tout cas,  c'est que ce qui était recherché c'était un milieu défensif et un défenseur droit, et ce poste là était le plus critique avec le seul Dja Dje Dje pour l'occuper. Et quand il sent qu'aucune des deux pistes ne va se faire, il prend l'initiative de réincorporer Fanni

Mais cela faisait 15 jours qu'il explorait cette possibilité et préparait l'incorporation de Fanni. 1( jour qu'il a travaillé a l’échec potentiel du recrutement d'un latéral droit nécessaire pour doubler le poste.

Regle numéro 2: Un bon recrutement c'est un joueur que tu as longuement observé et que ton coach a validé

Ainsi il rappelle qu'il a procédé avec son staff à un travail individuel spécifique avec Fanni au niveau technique, tactique et au niveau de mental aussi, un travail à base d'évaluations. Et pas parce qu'il ne le connaissait pas. Mais parce que cela faisait 5 mois qu'il n'avait pas participé à des compétitions.

De point de vue de Bielsa cela ne peut pas être le cas de Doria puisque la direction du club a admis ne pas avoir les moyens d'explorer à l’étranger et, comme on ne lui a pas donné l'opportunité de le faire, le joueur est venu sans avoir pu être validé au niveau sportif. D'ici à penser que sa réputation seule à fait office de validation sportive c'est la seule conclusions possible à laquelle peut aboutir Bielsa avec les éléments qu'on lui a donné
 

Regle numéro 3: Un bon recrutement c'est un joueur qui a envie de venir et qui pourra s’intégrer au groupe

Il nous dit que pour Fanni ils ont vérifier spécifiquement ce point et qu'avant de l'incorporer ils ont obtenu de lui son accord spécifique parce qu'il passait d'une situation de déconsidération du club à une situation de considération par le coach. Ils ont vérifié ses dispositions mentales

Pour Doria , il nous raconte que les parties tierce détentrices voyaient dans la L1 un bon championnat pour leur poulain avant de l'envoyer dans un vrai gros club pour le valoriser au mieux. Donc pas forcément un choix du joueur, mais de ses "propriétaires" basé sur un plan de carrière précis. On parle d'un jeune qui n'a jamais quitté son pays et qui devra passer par une étape de transition et d'expatriation jamais facile à cet age et où ses facultés a s’intégrer peuvent poser problème

Regle numéro 4: Si tu n'as pas validé un des points ci dessus, attend le prochain tour

Parce que il vaut mieux s'assurer que tout est ok quitte à attendre quelques mois, plutôt que de signer un joueur en consommant des ressources qui auraient pu être mieux exploitées et qu'en cas de mauvais choix se paiera (loft et autres joyeusetés)
 
Regle numero 5:  Et quand un joueur arrive, ne le présente pas pour ce qu'il n'est pas, cette star qui va tout exploser, l'avenir de ton club

Parce que c'est manquer de respect aux joueurs qui sont déjà là, parce que c'est desservir le joueur et lui mettre une pression inutile (vous voyez Thauvin en ce moment?), parce qu'un jeune de 19 ans comporte beaucoup d'impondérables que tu ne maitrises pas, parce que c'est mettre une pression néfaste à ton coach qui à la charge de valoriser ton investissement, et parce qu'au fond, c'est une tromperie qui  ne sert qu'à te faire mousser. J'en tiens pour preuve la communication soigneusement choisie de Labrune qui décrit la clôture du dossier Doria avec "plus d'un mois de travail non-stop, quasiment 24h/24h" Wouah, trop fort....
 
Au contraire de ce que la presse a commenté en faisant de Bielsa un coach décorrélé de la réalité du marché des transferts, que ses demandes ne correspondaient pas avec les finances du club, Bielsa à une conscience aigüe de ce que ces transferts représentent au niveau financier, mais également pour le club, et pour son groupe. Et comme d'habitude avec lui, en partant de principes qui sont très simple, il réussi à intégrer tous les éléments et les intervenants dans un même cercle vertueux. En une conférence, il a décrit ce qu'il considère être le meilleur des processus dans un milieu plus que trouble ou agents et journaliste sont parfois de connivence pour privilégier leur poulain ( du vécu pour lui avec la sélection argentine), où des tierces parties n'agissent que par appât du gain au détriment des joueurs mêmes. 

Du point de vue du joueur, ces principes lui permettent d'aller d'abord là où il veut au delà de toute manipulation d'agent ou de tierce partie. Il signe d'abord avec un club, pas pour le coach qui y est, pas pour les coéquipiers qu'il aura, pas pour une compétition qu'il jouera. Bielsa souligne quantité de fois qu'il ne choisit pas les joueurs et que non seulement ça lui convient mais que c'est comme ça qu'il estime que cela doit être fait. Car, au final le seul lien réel qui compte, le seul lien qui ne changera pas fonction des circonstances, c'est ce contrat qui liera le joueur au club. 

Quand Bielsa parle de vouloir porter le maillot, ça peut paraitre démagogique au possible. Mais ça ne l'est pas du tout. Et on ne parle pas de dire " je rêve de l'OM depuis tout petit" ou que tous les joueurs doivent avoir grandit dans le virage nord. Mais il faut qu'ils aient envie de venir jouer dans un stade avec une très forte pression, avec 60000 spectateurs qui te siffleront ou t'aduleront, que t'as envie de rentrer a fond dans toutes les compétitions qui s'offriront a toi pour jouer au sport que t'aime dans un de ses temples européens

Du point de vue du coach, ça le place dans la meilleure situation vis à vis de son groupe. On ne le taxera pas de favoritisme, on ne soupçonnera pas de connivence avec des agents. Pour tout son groupe tous les joueurs sont à égalité. Il n'a aucune obligation envers eux, pas de promesse à  respecter sauf celle de les intégrer à son aventure et dans tirer le meilleur parti possible comme bon lui semble. Leur temps de jeu, leur considération vis à vis du coach ne dépend que de ce qu'ils produisent eux, au quotidien et pendant le week end. Il n'a pas non plus la responsabilité de les avoir fait signer pour 5 ans, quand il sait que lui son mandat peut être écourté à la moindre crise de résultat. Ce serait les prendre pour des jambons, les mettre dans une situation inconfortable vis a vis du futur coach et se serait malhonnête envers le club, puisque la principale motivation du joueur et donc son rendement ne dépendent que de sa présence ou non.
 
En tant que club, un transfert c'est une incorporation au sein d'un capital existant que tu veux aussi valoriser et préserver, en tant que club, un joueur qui veut venir sera toujours plus facile à faire voire même moins onéreux, en tant que club, un transfert c'est un investissement toujours aléatoire sur lequel tu ferais mieux de lever le maximum de doutes avant de te lancer et que tu laisseras murir le temps qu'il faut jusqu’à ce qu'il soit prêt à répondre aux attentes. Tu l'auras mis ainsi dans les meilleures dispositions pour montrer tout son potentiel que t'as pu evalué.

Ainsi , en une conférence, il a donné la clé de fonctionnement manquante pour faire de l'OM le club professionnel qu'il ambitionne de devenir. Un club ou les arrivants, démarrent non pas en tant que titulaires directement, mais viennent s'incorporer à un groupe mature qui sera valorisé au maximum, où les arrivants pourront prendre leurs marques protégés de la pression immédiate et qui trouveront naturellement leur place quand les joueurs déjà présents seront amenés à partir ou via la concurrence. 

Un club ou les recrues n'ont pas d'exigences à faire valoir, juste des devoir et des droits qui sont respectés, qui viennent pour ce club et sont donc prêts à beaucoup d'efforts pour s'y montrer, qui connaissent ces exigences toujours élevées. Un club avec un plan respecté où les imprévus sont gerés avec le coach, et pas pour lui faire plaisir, mais parce qu'il est celui qui devra assumer les résultats, celui qui a une idée précise en tête et des solutions peut être déjà prêtes.

Si notre projet c'est d’être réellement le Dortmund phocéen face à un PSG bavarois surpuissant financièrement, ca ne passe que par là. Et ce n'est pas faire la même chose que fait le PSG avec juste moins de moyen, où quand ils prennent pour 50 millions le titulaire de l’équipe de brésil, nous on prend pour 10 millions le futur éventuel à ce poste. Ça c'est de l’émotion factice, une excitation passagère d'avoir pu l'arracher à des gros clubs, une flatterie de notre égo.

Comme le dit Bielsa en fin de conférence, ne vous inquiétez pas, ne vous épuisez pas à me ramener la future star dans ces conditions. Ne vous préoccupez que de respecter ce processus et vous verrez que la valeur de vos joueurs sera multipliée.  

Parce que, comme le football qui est perverti par cette recherche de résultat absolue, la partie transfert de joueurs a été également complétement pervertie. On ne valorise les transactions que fonction du montant auxquelles elles sont faites, que par la convoitise que suscite le joueur. On s'extasie devant les transferts records qui buzz au détriment de toute considération logique et sportive. Non seulement c'est indécent, non seulement ça s’apparente à des gâchis énorme mais en plus l'efficacité finale est toute relative.

Et si on voulait faire de la pure provocation, aujourd'hui, qui préférez vous voir porter vos couleurs? Ce Morel qui se dépouille et sort des superbe performances, ou ce David Luiz qui semble complétement perdu et demotivé? Au delà de la provocation quel est aujourd'hui le meilleur deal entre un Morel et un David Luiz quand on prend toutes les données en compte? Quand on compare leur apport dans leur club respectif comparativement à l'investissement consenti? Loin de moi l'idée de comparer les deux sur le plan du talent ou du potentiel, ou de dire qu'accumuler des gros talents ce n'est pas efficace, que le PSG ne peut pas redevenir la machine qui va tout exploser que David Luiz c'est forcément un flop. Mais personnellement voir cet OM se construire de cette manière, en sublimant les joueur au club me procurera toujours plus de plaisir. Donnez moi du Alessandrini, du Gignac du Ayew avec leurs limites et leur envie, mettez les moi dans un groupe qui prend plaisir à se battre ensemble à s'arracher dans un collectif rodé et un plan de jeu respecté qui pousse à aller vers l'avant et, en tant que supporter, je serais comblé, et ce quelque soient les déconvenues éventuelles.

PS: Petit clin d’œil  à Aulas en passant, qui avait très bien sur le faire pour construire l'OL avant de se prendre les pieds dans son égo, à Kita dont la gestion à amener le FC Nantes à ne plus pouvoir recruter, à Loic ferry dont la gestion du mercato précédent à fini d'user son entraineur jusqu'à la rupture. Tous ceux là qui sont montés aux créneau pour appeler a l’éviction et/ou la sanction de Bielsa pour sa sortie. Changez rien les mecs, vous êtes parfaits comme ça.



La conference de discorde. Partie 2 : What the F.A.Q?

L'article paru dans Sofoot "Deschamps, Bielsa et la verité" Thibaud Leplat a parfaitement résumé mon sentiment suite aux réactions à sa conférence. Rassuré de ne pas être complétement fou, j'ai décidé démarrer ce blog pour essayer d'expliquer encore ce que Bielsa à mon sens avait parfaitement fait tout aux longs de ses conférences. Mais si même Labrune avoue ne pas avoir compris c'est bien qu'il y a un problème

Mais qu'est ce qu'il veut le Monsieur?

Le monsieur il voulait juste de la transparence avec un plan respecté le mieux possible. Et le plan c'était 22 joueurs de niveau équivalent 8 semaines avant le début de la saison

Mais c'est pas possible ça il méconnait les réalités du footbal!

Lui il a juste dit 22 joueurs de niveau equivalent. Il a pas demandé que ca se fasse via 10 départs et 7 arrivées. Ca c'est le club qui en décidé. Il a pas demandé des stars, mais juste des joueurs a 5 millions de moyenne ce que le club a assuré pouvoir fournir.
Quand au timing, oui c'est difficile à respecter. Après il a dit lui même comprendre que tout ne soit pas exactement comme c'était prévu, il y a des impondérables qu'il comprend. Mais là l’écart était juste trop important. On est donc évidemment pas à une semaine près.
Par contre cela n'a rien d'incroyable. Un bon gestionnaire aurait soit déjà les remplaçants des partants au club avec des jeunes qui montent derrière, un bon gestionnaire aurait déjà verrouillé un maximum de ses arrivées en amont comme cela a été fait avec Alessandrini et Mitchy et comme cela s'est fait même sous Diouf l'année ou on recrute les capitaines  de leur equipe respectives bonnard, cheyrou, ziani, givet 2 mois avant le début de la saison ou pas loin

Non mais ok, et genre on pouvait le faire avec tous les joueurs à vendre les contraintes financière liées à la masse salariale, le DIC, la taxe 75%, la coupe du monde la crise du marché des transferts etc etc

Bon, ca premièrement, mesdames messieurs, c'est du niveau des excuses qu'on entend de la part des coachs normaux: L'arbitrage, le temps de récupération, le terrain. Lui il ne se trouve jamais aucune excuse pour manquer à ses responsabilités il en attend de même du président de l’institution. 

Deuxièmement, tous ces paramètres pouvaient être anticipés au moment où Labrune et Bielsa définissent leur plan. C'est Labrune qui défini les joueurs dont il veut se débarrasser sans se soucier de ce que ces joueurs veulent ce qui générera la création de cette horreur qui s'appelle le Loft. C'est lui qui pense pouvoir faire partir des gros salaires alors qu'il n'a pas réellement d'offres sur son bureau. Des paramètres que Bielsa peut ne pas connaitre mais qui surtout ne sont pas de son ressort.

Attend, attend, le loft c'est lui puisque il dit qu'il veut s'entrainer qu'avec ceux sur qui l'institution compte non?

La réponse est dans la question, et il le dit lui même à plusieurs reprises. C'est même un procedé qu'il condamne puisqu'il spolie les droits du joueurs. J'ajouterais qu'il met en position délicate le coach, avec des incidents à gérer, des joueurs comme Cheyrou influents qui peuvent en venir a troubler son effectif (pas directement mais voir un joueur comme celui là traité de la sorte...), ou des va et vient qui perturbent la constitution de son groupe. Bielsa n'a pas décidé de qui devait partir, sur certains cas on est même allé contre son avis en toute transparence et en argumentant et il a accepté ces positions.

Ca ne veut pas dire qu'il a accepté ou doit assumer le procédé. Parce qu'au fond c'est de ça qu'on parle, de procédés, de moyens employés qui sont néfastes et qui en plus impactent négativement la sphère du coach à qui on demandera dans tous les cas des résultats

Bon ok, disons que c'est le club qui a décidé, mais alors on fait comment pour faire partir des joueurs qui ne veulent pas partir?

Ce que j'en dis personnellement, c'est que déjà la question est malsaine. Elle ne peut se poser que dans le cas d'une mauvaise gestion précédente et elle suppose que le club fera tout pour ne pas assumer ses choix précédents, et pour ne pas respecter ses engagements. Ce que le club cherche à faire c'est grossièrement casser le contrat sans en payer les indemnités. Au niveau d'un groupe c'est malsain, son efficacité est très contestable (Gomis, Briand a l'OL, Cheyrou Fanni chez nous) au niveau financier c'est catastrophique ( Amalfitano qui part pour moins que prévu, prêt de Sougou , prêt de Kadir avec 50% de prise en charge salariale) et en terme d'image pour le club, sa capacité a respecter ses engagements envers les joueurs qu'il recrute un message hyper négatif.
Pour le capital joueur concerné autant tout foutre à la poubelle. Si le joueur reste sa motivation est plus que douteuse, si il part c'est au rabais. Belle affaire.

A part une manœuvre désespérée qui n'a de toute façon pas beaucoup de chance d'aboutir, qui braque contre le club et ses dirigeants les joueurs qui y sont placés pour un bénéfice ultra relatif, il n'y a rien à tirer de ce procédé.

Ne vaudrait-il mieux pas sonder d'abord les joueurs, discuter avec eux, et si vraiment on ne compte pas sur eux, dans le pire des cas, utiliser l'enveloppe transfert pour négocier leur indemnité de départ quitte a moins investir en recrues? On aurait pas pu dans notre cas garder Cheyrou Amalfitano et Fanni sachant que 2 d'entre eux sont de toute façon restés? On en avait pas les moyens?
Bah en fait si, mais on a préféré en faire Doria par exemple

Ouais, le plus beau recrutement de cet été, la future star du bresil fallait pas le faire? Puisque Mr Bielsa est si fort et qu'il sait tout, il fallait faire quoi alors?


Le plus amusant, c'est que Bielsa a clairement donné sa vision de comment un recrutement devrait être fait. Et ça de 2 manière différentes, avec des mots sur plusieurs conférences de presse et avec un exemple qu'il donne justement quand on lui pose la question sur Doria.

Et là on envient à la troisième et dernière partie de cette trilogie: La conférence de la discorde. Partie 3: Le mercato appliqué par analyse comparative de deux incorporations Doria et Fanni
 

lundi 29 septembre 2014

La conference de la discorde. Partie 1: Dessine moi une equipe

A l'heure où j'écris ces lignes, l'OM vient de battre Saint Etienne au Velodrome dans un match d'une grande intensité qui a vu les olympiens sortir une très belle première mi-temps notamment où la force collective a été unanimement saluée. Ce match est dans la continuité des précédents, une 6ieme victoire consécutive avec en prime la meilleure attaque du championnat et un total plus vu en L1 depuis les années 80.

Ce qui est amusant c'est que aucune des recrues de cette année n'est dans le 11 de départ depuis le début de cette série. Ces victoires s'appuient sur les même joueurs que l'an dernier, les mêmes dont on voyait la majorité trainé un spleen visible sur le terrain. elles sont réalisées aussi dans le même dispositif, un 4231 dont les seuls changements notables, sont le repositionnement de Morel dans l'axe, et un Payet en lieu et place de Valbuena, au point que Baup de nouveau consultant nous parle de l’équipe qu'il avait imaginé avec Anigo. 

On aimerait presque lui donné raison. La saison dernière nous avions fait également un bon début de saison jusqu'à la série de matches qui a commencé par la réception de Monaco ou ayant mené au score on se fait rejoindre. L’équipe montrait aussi un certain élan offensif et avait commencé par 3 victoires. Les limites de l’équipe sont pourtant apparues dès la 4ieme journée face a Monaco et qui vu enchainement de 4 défaites (Monaco, Paris, Arsenal Dortmund) 2 nuls (Toulouse , Bastia) Et 2 victoires ( Saint Etienne, et Lorient). En gros dès que l'intensité s’élevait un peu, l’équipe sombrait et ne semblait pas avoir les ressources pour élever son niveau.

Tout ça pour dire, que oui c'est quasiment le même 11, oui c'est le même système. Mais la comparaison s’arrête là. Parce que ce qu'on voit aujourd'hui, des individualités sublimées par un collectif enthousiaste, volontaire et combatif est a l'opposé de ce que l'on a vu l'an dernier, ou des individualités essayaient de tirer vers le haut un collectif défaillant qui essayait de prendre le jeu a son compte en n'y parvenant pas. On se rappelle que l'année précédente, Baup avait obtenu une incroyable 2ieme place qu'avec la recette made in L1 typique. Defend comme un bourrin, espere que devant ca passe et gagne 1-0. Dans cette première monture de l'OM de baup, on retrouvait cette combativité et cette volonté, un OM revanchard. Mais jamais l'enthousiasme. Et dans le deuxième, en voulant enfin faire jouer son équipe, les 2 ingrédients qui ont fait ses résultats avaient disparus. Comme le dit Bielsa dans la vidéo ci contre, reconduire un procedé mauvais parce qu'il a apporté des résultats c'est se tirer une balle dans le pied. Moi même qui appelait à la reconduction de Baup parce qu'il le méritait avec ses résultats, je ne peux aujourd'hui qu'adhérer.

Bielsa nous le dit. Un entraineur bénéficie toujours du travail du précédent. Il ne s'en cache pas. Et en homme pragmatique, il sait capitaliser sur ce qui a été établi. Mais plus important encore il dit "Je suis en entraineur qui s'appuie sur le jeu collectif et le développement d'un groupe humain", soit exactement ce qu'on le peut voir sur le terrain aujourd'hui avec des joueurs qui mettent en avant le collectif, avec des remplaçants qui font partie intégrante de ce groupe avec le même enthousiasme que les titulaires. On aura noter avec facilité et quelle efficacité les remplaçants entrés contre Saint Etienne ont assumé leur rôle comme si de rien était au plus dur de la partie.

Et pour pouvoir développer un groupe humain, il faut connaitre ce groupe humain et avoir suffisamment de temps pour le développer.

Ainsi pour Bielsa un mercato ne sert qu'à définir le dit groupe. Au delà du niveau du joueur, ce qui compte c'est de pouvoir disposer de 22 joueurs de niveau équivalent qui ont envie d’être dans ce club et de les avoir le plus tôt possible.

Et c'est tout. Pas de, je veux absolument ce joueur , je veux plus d’expérience, je veux plus de talent.
On rappelle qu'il était prêt a faire avec Amalfitano, qu'il a pas hésité a réintégrer Fanni et n'a jamais voulu l'expulsion de Cheyrou. Il a pas demandé 36 recrues, il a pas demandé tous ces départs, il a pas fait de caprices. Ca, ces mouvements,  c'est le club qui les a voulu.

Lui tout ce qu'il voulait c'était 22 joueurs 8 semaines avant. Et on lui avait dit que c'était bien le plan. Que ce plan ferait qu'on devrait recruter 7 joueurs, et qu'on aurait 5 millions par joueur en moyenne.
5 millions par joueur il est clair qu'on recrute pas des mega star. Mais lui s'en fiche. Il sait qu'on peut trouver des bons joueurs et que si il les a tôt, il les intégrera à son aventure et en tirera le meilleur parti tant qu'ils auront envie d’être dans ce club.

Tout le problème, c'est que on parle de quelqu'un qui ne part pas en ballade a vélo dans Toulon sans un plan. Et un plan quand bien même il y aurait des impondérables ça se respecte au plus près, on en a assuré la plus grande partie à l'avance pour ne laisser qu'un minimum au hasard, comme Bielsa le fait avec ses équipes

Il est clair que dans la conception de Labrune ce n'est pas le cas. De compte tenu du déroulement du mercato, et dans le meilleur des cas, Labrune a considéré cela comme une ligne directrice, un objectif idéal quasiment inatteignable tant il y avait d’éléments qu'il ne contrôlait pas (joueurs qui ne voulaient pas partir, masse salariale a compresser dans un contexte moribond, quasi obligation d'accepter des offres pour n'importe quel joueur). On pourra noter aussi qu'a part Alessandrini et Mitshy, voire même Manquillo il y a peu d'arrivées qui étaient ficelées au démarrage du mercato.

Ainsi, quand il dit que la direction "savait" qu'elle ne pourrait pas tenir ses engagements il ne juge pas des intentions, il refuse d'utiliser le qualificatif de menteur. Mais elle savait que ce n'était pas un plan, mais une lettre d'intention, un "on va par là, mais on sait pas trop comment, on verra bien, croisons les doigts". On met des joueurs dans un loft de manière désespérée afin de les pousser dehors. On accepte à l'arrache un départ de Mendes sans avoir de remplaçant sous le coude, on détache 36 agents pour trouver un point de chute Ayew, on propose 50 joueurs potentiels au coach à valider... Alors on peut avoir des résultats comme ça, c'est pas la question. Mais vu les sommes en jeu, vu l'impact potentiel sur l’équipe et sur le coach, vu l'impact sur l'image et la crédibilité du club c'est un peu léger.

Vous accepteriez qu'il aborde les matches de la même manière?
 
Alors , oui, les noms et le profil des joueurs finalement recrutés sont séduisants. Comme les résultats de Baup l'étaient. Sauf qu'on a le droit d'exiger mieux. D'abord parce que cela fait partie intégrante de ce qu'on attend du projet Dortmund que Labrune nous a vendu. Faire du Dormund c'est pas claquer des millions sur des stars en devenir, c'est aussi tout le processus pour le faire dans de bonnes conditions, pour l’équipe qu'il construit et le coach qu'il choisi pour la mener.  Et sans faire de démagogie, c'est ce qu'on attend du grand club qu'on prétend être. Mais surtout parce qu'à terme un mauvais procédé se retournera toujours contre celui qui l'emploie, contre nous.



mercredi 24 septembre 2014

De la fin et des moyens

On a vu dans l'article précédent pourquoi Bielsa était dans le football, ce qu'il y considérait comme essentiel et sa vision de ce que devrait être un club de football. Dans sa première conférence de presse olympienne quand on lui pose la question de savoir pourquoi il a accepté de venir, il fait référence au stade vélodrome et à ses supporters. Il nous rappelle aussi au combien ce sport est incertain dans sa finalité et qu'on ne peut se risquer à des pronostics. Il fait la différence entre savoir et deviner en sous entendant que deviner est un exercice futile, c'est le savoir qui compte. Il nous dit aussi en faisant références aux absences de certains joueurs qu'il n'auront aucune excuse pour ne pas gagner.

La fin c'est le résultat, toujours incertain dans le football. Ce qui compte c'est les moyens mis en œuvre pour réduire cette incertitude pour s'offrir le maximum de chance d'atteindre le résultat escompté et qui doit être toujours en toute circonstance la recherche de la victoire. Ce constat facile lui l'applique à tous les niveaux de son management. Dans la manière de s'entrainer , dans l'organisation de son équipe et du jeu qu'il prône et qu'il veut mettre en place. Il nous dit dans cette conférence que ses méthodes n'ont rien de révolutionnaire et c'est sans doute vrai. Ce qui est différent c'est les charges qu'il s'impose et la traduction de ce constat de la manière la plus limpide possible dans son football

 
Réduire l'incertitude , c'est s'assurer que les gestes prévus, imaginés soient réalisés. Ca passe par une répétition de gamme à la limite de l'abrutissement. Maximiser ses chances de gagner c'est marquer des buts en empêchant l'adversaire de la faire. C'est donc récupérer la balle le plus rapidement possible,  toujours et tenter de marquer dans la période transitoire de retour défensif de l'adversaire là ou il est le plus fragile.  Réduire l'incertitude, c'est maximiser son savoir et cela se traduit par des séances vidéos interminables. Maximiser ses chances, ce n'est pas attendre une erreur de l'adversaire c'est la provoquer. Maximiser ses chances c'est mettre ses joueurs dans les meilleurs dispositions possibles. Permettre aux créateurs de créer, aux défenseurs de s'exprimer dans les duels et l’agressivité, de leur permettre de vivre leur passion au final. Non messieurs, vous ne faites pas un job, rappelez vous pourquoi enfants vous tapiez dans un ballon, rappelez vous pourquoi dans le quartier vous faisiez des matches de manière interminable. Et si on devait réduire l'OM actuel à une seule composante, je dirais que c'est l'enthousiasme qui s'en dégage. "On souffre en semaine et on s’éclate le week end"

Non il n'y a rien de révolutionnaire dans ses méthodes. Ce qui l'est c'est d'avoir saisi l'essence du football et de l'avoir traduit en principes simples, qui au final bénéficie à l'ensemble des acteurs. Les supporters qui voient leur équipe toujours aller chercher la victoire avec des joueurs qui se battent comme si c'était leur dernier match, des joueurs qui jouent pour gagner avec un enthousiasme de gamin dans un collectif soudé dans un club dont le capital est les joueurs, qui voient ces derniers exprimés leur plein potentiel et augmenter leur valeur, qui voit son image rehaussée et son impact marketing multiplié, un stade qui ne tardera plus a faire le plein. Cette équipe subira surement des défaites, mais tant qu'elle le fera les armes a la main en se battant jusqu'au bout, elle continuera a être célébrée comme les héros de la Rome antique qui tombaient au combat

Son rôle il le conçoit comme étant de s'assurer que tous les moyens nécessaires dans les moindre détails soient mis en œuvre de la bonne manière pour parfaire ce processus à même de générer le meilleur résultat possible pour tous. Et ce processus, il attend à ce qu'il soit appliqué par toutes les composantes du club. Si vous êtes là c'est que vous en avez envie, c'est donc que vous aller tout donner, c'est donc que vous avez penser votre fonction et que vous avez mis en place des principes qui correspondent à des valeurs et qui serviront au mieux l'institution. Et c'est là, qu'en certaines occasions, ce rôle l'oblige à intervenir de manière brutale parfois comme il l'a fait dans la fameuse conférence de presse à charge contre la direction du club dont on parlera dans le prochain article.

Parce que de la même manière que sur le carré vert cette démarche doit amener les meilleurs "résultats", elle peut s'appliquer a n'importe quel processus, y compris et, surtout en fait, le recrutement, un exercice au combien incertain, gangréné par des acteurs potentiellement véreux et qui a vu ces dernières années toute sorte de délires hallucinants de surenchère et de gâchis. Ce qui compte c'est la manière dont vous faites les choses et qui vous permettra de manière répétée et régulière d'atteindre les meilleurs résultats possible

lundi 22 septembre 2014

Bielsa, le paladin



La manière la plus facile de comprendre un personnage est de s'appuyer sur un archétype qui nous offre une grille de lecture simpliste certes, mais à partir de laquelle on pourra épurer le flux d'information et nous permettra donc d'atteindre plus facilement le fond des messages. L’archétype comme le préjugé ne peut être qu'une première étape amenée à évoluer si on veut enrichir notre compréhension et il est donc nécessaire de rester ouverts et attentifs et d’enrichir aux fur et a mesures de nos expériences notre grille de lecture

Pour moi l'archétype qui s'impose c'est celui du paladin. 

Dans le sens moderne du terme, le sens post médiéval, le paladin est un représentant voire un porte parole d’une éthique idéale.  Héros chevaleresque symbole de vertu, il met ses compétences aux services d’une déité. Fidèle à sa parole, modèle de guerrier pour l’armée qu’il inspire, il est considéré comme le bouclier de l’éthique qu’il défend, parfois de manière obtuse et sans aucune compromission possible.

Le paladin est tout sauf un esthète ou un génie créatif (il le dit lui-même, il n’a rien inventé). C’est un soldat intraitable d’abord avec lui-même et qui puise sa force et sa volonté  de la cause qu’il défend. C’est le soldat qui après une bataille, continuera à s’entrainer, a répéter inlassablement les mêmes gestes jusqu'à la perfection. Et non pour la beauté du geste mais pour atteindre la brute efficacité au service de sa cause.

Cette cause est un absolu auquel il est complètement asservi, et le seul prisme par lequel il voit la réalité. Il est souvent perçu comme un être manichéen à la limite de la simplicité d’esprit. Il sera soit moqué pour sa lecture du monde, soit considéré comme condescendant ou prétentieux par ceux qui ne sont pas capable de la même rigueur morale, de la même rigueur envers eux mêmes

Et c’est une rigueur absolue. Ces heures de travail qu’il s’impose, ces heures de retraite studieuses sont à la limite de l’auto-flagellation.  Il vit un dilemme constant qui le dévore de l’intérieur. Il élève si haut la cause qu’il défend qu’il ne peut que en être indigne, tout en ayant la vanité de s’en faire un champion. Ce dilemme, il le vit au quotidien, assumant seul tout résultat, s’obligeant plus que les autres à tous les efforts et le tout sans pouvoir en tirer aucune satisfaction. Ce n’est jamais assez, ce n’est jamais assez bien. Les "échecs" sont vécus comme des drames, une trahison de la cause qu’il sert qui  lui rappelle de la plus cruelle des manières que non il n’est pas digne de défendre cette cause. Cela peut se traduire par des retraites longues comme après son échec argentin, la dévalorisation de tout son travail malgré une belle saison, ce sentiment de honte dont il parle souvent.

La vraie et seule folie de Bielsa, c’est d’avoir choisi comme cause le football. Son éthique, sa divinité c’est le football.  Le football en tant que jeu, Le football par l’intensité des émotions qu’il suscite, par l’attachement fanatique des supporters à leur club. Le parallèle, religion/football n’est pas nouveau et est un sujet éculé qu’on n’abordera pas ici.  La passion de Bielsa pour ce sport en tout cas, c’est cette passion religieuse. Toutes les anecdotes (son refus de quitter la rue face a un policier pour pouvoir tirer un corner, son sens du sacrifice quand il dit qu’il se couperait un doigt pour gagner le derby etc etc) prouvent que pour lui cela va bien plus loin qu’un jeu ou pire qu’un job comme le disent les joueurs actuels. Pour lui, il y a quelque chose de sacré dans le football qu'il faut défendre.



Tout le long de ses conférences de presses, des anecdotes glanées auprès de ceux qui l’ont côtoyé, on peut se faire une idée de ce qui est sacré dans le football pour lui. En bon paladin défenseur de la veuve et de l’orphelin,  le football c’est d’abord pour lui les supporters, les fans:  Leur foi et l’intensité de leur attachement à leur club, leur «naiveté » qui les font applaudir leur équipe même dans les pires moments représente pour lui la quintessence du football, ce pourquoi il est et ce qu’il faut défendre. Cet attachement complètement irrationnel c’est l’expression de ce sacré. Il transcende les personnes qui passent par le club, il transcende les résultats du club. Cela peut paraitre un peu étrange en France, mais dans d’autres nations de football il est commun de voir des gens ne vivre que pour leur club et au travers de lui (anglais fans absolus de leur club de 4ieme division, des couples argentins qui se séparent pour aller suivre leur équipe respective d’un bout a l’autre du stade…)

Les supporters viennent voir leurs héros se battre, montrer leur talent et les gestes de classe, tout donner pour survivre et avoir la chance de pouvoir se battre encore. Les supporters que leur héros du moment meurent ou pas, seront toujours là pour en faire naitre de nouveaux du moment que le spectacle reste unique, que l’incertitude soit intacte, que les valeurs qu’ils portent en eux et auxquelles ils s’identifient soient préservées

Ensuite, vient le club, les couleurs, l’entité qui sert d’écrin à cette passion. C’est le contenant, le véhicule qui doit être protégé, préservé.  C’est l’incarnation de ces valeurs qui suscitent les passions,  l’église qui doit être défendue même contre ceux qui la dirige. Dans l’histoire, les détenteurs de la « vraie » foi se sont retournés contre leur clergé plongé dans la corruption et la luxure.  Ceux qui font des fausses promesses, ceux qui vendent une victoire facile, ceux qui dénaturent l’objet de la foi par des raccourcis faciles, ceux qui détruisent les valeurs qu’ils sont censé porter, ceux qui instrumentalisent cette foi a des fins personnelles, par avarice, par fierté ou par paresse.

Au delà de simples promesses qui seraient tenues ou non, la plupart des clash avec ses directions sont le fait de la manière de faire de ces derniers. Qu’ils oublient au service de qui ils sont et il le leur rappellera. Qu’ils fassent de fausse promesses et il les exposera. Qu’ils viennent avec de mauvaises intentions et il les dénoncera avant de les quitter

Ainsi, pourquoi il faut le croire quand il nous parle en conférence de presse devient une question triviale. Puisque le supporter est la seule composante indispensable et sacrée du football elle est la plus précieuse celle qu'il faut protéger de toute démagogie, à laquelle il ne faut pas mentir et faire de fausses promesses celle qu'il ne faut pas tromper. Ce credo l’empêche donc de nous mentir, il explique le soin particulier qu'il apporte au vocabulaire qu'il utilise, sa méfiance vis à vis de tout  pronostic son allergie a toute starification d'un nouvel arrivé. Il explique également ce que "l'institution" signifie pour lui. L'institution ce n'est pas l'actionnariat, ni la direction, c'est l'ensemble des valeurs d'un club et de ses fans qui se rassemblent sous une même bannière. Lui même, le personnel, l'actionnariat la direction n'en sont que les composantes les plus volatiles et les moins importantes. Eux ne sont là que pour servir aux mieux de leur possibilité mais sans jamais ménager leurs efforts, et surtout sans trahir ces valeurs. La manière est aussi importante que la fin, le processus est aussi important si ce n'est plus que le résultat. Le résultat étant si volatile dans le football, c'est la manière dont on procède au final qui nous défini et qui fera que l'on aura respecté ce qui fait l'essence du football, les fans.

On dira que cette vision est démagogique, je dis que c'est la seule qui fait sens et à tout point de vue.
Elle nous ramène a ce qu'il y d'essentiel dans le football, loin des délires de millionnaires qu'on peut voir actuellement qui dénaturent ce sport et écartent les fans au profit de spectateurs. Cette vision romantique est en fait la seule à même de ramener du bons sens dans les gestions de chacun, de ramener les supporters dans les stades, de recréer du spectacle et de l’émotion. En bon paladin, Bielsa nous propose de "soigner" ce qui ne va plus dans notre club et peut être dans notre ligue 1, dans notre sport. Il le fait comme il le fait toujours, en nous rappelant qu'il est là par passion, que ce qu'il fait il le fait pour elle, et qu'il le fait dans le respect de principe sans lesquels elle n'aurait plus de sens.

Et si il énerve autant, c'est peut être qu'il semble, sans le vouloir, poser la question à tous les autres acteurs: Et vous, pourquoi êtes vous là?

Pourquoi, mais pourquoi?



J'ai decidé de commencer ce blog face à l'absurdité des commentaires de la sphère médiatique française confrontée au phénomène Bielsa. Si quelques médias s'en tirent haut la main comme Sofoot, la plupart pataugent et se noient, enfermés soit, dans leurs schémas acquis depuis longtemps dans leur couverture de l'actualité olympienne, soit dans leur optique mercantile cherchant la polémique stérile à tout prix. 

Sa sortie sur le mercato olympien a exacerbé ce ras le bol. On a tout lu, sauf ce qui était important. On a insisté sur les joueurs qu'il n'avait pas eu, sur le fait que c'était une guerre d'influence, on a jaugé les rapports de force, les présidents d'autres clubs ont parlé de sanctions complétement puériles. Mais très rares sont les commentateurs qui ont pris la peine de comprendre le fond de son message

Ce que j'aimerais proposer c'est juste mon regard personnel sans prétention de pouvoir comprendre complétement le personnage. Mes sources ne sont que ce que l'on peut glaner ici et là d'informations, d'anecdotes et ses conférences de presse. Avec de telles sources, on ne peut prétendre à autre chose qu'à une schématisation un peu brute et vulgaire mais qui peut permettre de nous aider à comprendre ce qu'il nous dit. 

Pour ceux qui veulent comprendre et qui s’intéressent au fond de ses messages, il a pris la peine de fournir les règles de lectures et d’écoute. Comme souvent c'est d'une telle limpidité et simplicité que la plus part passent à coté ou refusent d'en tenir compte

"La presse sert a faire passer des messages aux supporters , à eclairicir des situations et expliquer certains points"

"Je ne mens jamais. Et je ne dis la vérité que quand elle sert l'institution" 

Le deuxième point est très important. A cela, beaucoup me diront qu'il ne faut pas être naïf et qu'on est pas tenu de le croire.

A ceux là je réponds que si on regarde ce qui est important pour lui on ne peut que le croire. Si on comprend comment il appréhende le football et ce qu'il considère d'essentiel dans le football on ne peut que le croire.

Il nous faut donc comprendre à qui on a à faire....